Commentaires sur les marchés - avril 2026

Principaux points à retenir
• Les marchés ont commencé l’année 2026 de façon constructive, avec des rendements positifs sur les marchés boursiers et obligataires au cours des deux premiers mois. Toutefois, la guerre contre l’Iran menée par les États-Unis et Israël a entraîné
d’importants changements sur les marchés en mars. Le principal facteur a été la flambée des prix du pétrole, qui ont augmenté de plus de 70 % au cours du trimestre pour s’établir à plus de 100 $ US le baril, 20 % de la production mondiale de pétrole étant restée coincée au Moyen-Orient lorsque l’Iran a fermé le détroit d’Ormuz.
• Les actions canadiennes ont inscrit un rendement de 3,9 % au premier trimestre, surpassant les actions américaines qui ont perdu 4,3 %. Le marché canadien a profité de son exposition de 40 % aux secteurs très performants de l’énergie, des matériaux et des services publics, qui ont chacun gagné plus de 10 % au premier trimestre. En revanche, le marché américain est beaucoup moins exposé à ces secteurs très performants et a donc reculé, les tensions géopolitiques ayant pesé sur le rendement de la plupart des autres secteurs.
• Les obligations canadiennes ont inscrit des gains modestes, la vigueur au début du trimestre ayant été largement compensée par la faiblesse du mois de mars. L’augmentation des prix des produits de base a ravivé les craintes d’inflation et suscité des spéculations concernant les hausses de taux d’intérêt des banques centrales. Les écarts de taux se sont élargis en raison de l’intensification des préoccupations à l’égard des défauts de paiement et de la liquidité sur le marché du crédit privé.
• La Banque du Canada et la Réserve fédérale américaine ont maintenu leurs taux directeurs inchangés au premier trimestre. Les deux banques centrales ont maintenu une approche attentiste dans un contexte de ralentissement des marchés de l’emploi, de risques persistants d’inflation et d’intensification de l’incertitude à l’échelle mondiale.
Le point sur l’économie et les marchés
Résumé économique : L’économie américaine a continué de croître à un rythme soutenu au premier trimestre. L’inflation est demeurée supérieure à la cible de la Réserve fédérale. Le marché de l’emploi a montré des signes de ralentissement, le rythme d’embauche ayant fléchi, mais le taux de chômage est demeuré stable. Toutefois, la hausse des prix de l’énergie et les risques pesant sur les chaînes d’approvisionnement mondiales ont accentué les pressions inflationnistes à court terme et assombri les perspectives mondiales. La Réserve fédérale a laissé son taux directeur inchangé au cours du trimestre, maintenant sa fourchette cible entre 3,50 % et
3,75 %. Le président Powell a souligné l’incertitude persistante et a réitéré que la Réserve fédérale est bien placée pour ajuster sa politique à mesure que les conditions économiques évoluent. Au Canada, la croissance économique est demeurée modérée au premier trimestre, en raison de la persistance de l’offre excédentaire et du ralentissement du marché de l’emploi. L’inflation est demeurée proche de la cible de 2,0 %, mais la hausse des prix mondiaux de l’énergie a accru les risques d’inflation à court terme. L’incertitude commerciale a continué de peser sur la confiance et l’activité commerciale. La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % tout au long du trimestre. Le Conseil des gouverneurs a indiqué qu’il était prêt à réagir si les perspectives économiques changeaient considérablement.
Marchés obligataires : L’indice des obligations totales canadiennes a inscrit un rendement de 0,23 % au premier trimestre. Le solide début d’année en janvier et en février (+2,25 %) a été largement contrebalancé par la faiblesse de mars (-1,97 %), la hausse des prix du pétrole attribuable à la guerre en Iran ayant entraîné une hausse des taux d’intérêt sur les obligations canadiennes (les cours des obligations baissent à mesure que les taux d’intérêt augmentent). L’augmentation des taux d’intérêt a surtout concerné les obligations à court terme, la hausse des prix du pétrole ayant alimenté les craintes d’inflation. Ces craintes ont redéfini les attentes du marché à l’égard de la réduction des taux d’intérêt en 2026 : une probabilité de 40 % d’une réduction des taux d’intérêt par la Banque du Canada est maintenant passée à une probabilité de 70 % non pas d’une, mais de deux augmentations de 25 points de base du taux du financement à un jour de la Banque du Canada en 2026. De plus, la guerre en Iran a entraîné une hausse de la prime de risque pour les obligations de sociétés : les écarts de taux (c.-à-d. le rendement supplémentaire des obligations de sociétés par rapport aux obligations d’État pour compenser le risque supplémentaire) ont augmenté en mars, après avoir atteint des creux records en janvier et en février. Ces écarts de taux plus élevés ont entraîné un rendement légèrement inférieur des obligations de sociétés par rapport à l’indice global, même si elles ont toujours affiché des rendements positifs. Malgré la modeste aversion pour le risque, les investisseurs demeurent des acheteurs d’obligations de sociétés, comme en témoigne leur enthousiasme à l’égard des émissions du marché primaire. L’offre d’obligations de sociétés continue de battre de nouveaux records, avec un montant impressionnant de 50 milliards de dollars en nouvelles émissions au cours du trimestre, un début d’année record et une hausse de 23 % par rapport à la même période en 2025.
Marchés boursiers – aperçu : Le premier trimestre de 2026 a été marqué par une période de grande prudence de la part des investisseurs, les tensions géopolitiques s’intensifiant. Les marchés boursiers ont continué de subir des pressions en mars, car les acheteurs à la baisse sont demeurés prudents. La volatilité précoce des marchés a été alimentée par plusieurs événements géopolitiques, dont l’élection éclair au Japon, les événements au Venezuela et l’intérêt des États-Unis pour le Groenland. Les marchés du crédit privé ont également subi des pressions à mesure que les liquidités se sont resserrées et que les risques de défaut ont augmenté, en particulier dans les structures de prêt semi-liquides. La guerre contre l’Iran a soulevé des préoccupations concernant la destruction de la demande et l’inflation, ce qui a fait grimper les prix du pétrole au-dessus de 100 $ US le baril pour la première fois depuis 2022. Le prix de l’or a continué d’augmenter fortement au début du trimestre. Toutefois, il a ensuite enregistré sa plus forte baisse depuis des années, en raison des ventes des banques centrales. Malgré ce repli, l’or a terminé le trimestre en hausse de 8 % et continue d’être considéré comme une valeur refuge clé.Actions américaines : Les actions américaines ont amorcé le premier trimestre sur une solide lancée, soutenues par la solide croissance des bénéfices des sociétés technologiques. Même si les résultats ont confirmé cette vigueur, la confiance des investisseurs s’est affaiblie, en particulier à l’égard des sociétés de logiciels-services (SaaS). Les progrès rapides des agents d’IA mis au point par des sociétés comme Anthropic et Google ont mis en évidence la rapidité avec laquelle l’IA générative pouvait automatiser les fonctions SaaS de base. Par conséquent, les titres du secteur des logiciels se sont fortement vendus en février, ce qui a entraîné une rotation plus large vers les titres de croissance à grande capitalisation. De plus, le resserrement des conditions financières et l’intensification des tensions géopolitiques ont réduit la tolérance au risque et entraîné une forte rotation sectorielle. Le secteur de l’énergie a dominé le rendement du marché, tandis que le secteur de la technologie a tiré de l’arrière et celui des services financiers a inscrit des résultats décevants en raison des tensions sur les marchés du crédit.
Actions canadiennes : Le marché boursier canadien a été soutenu par sa forte exposition aux produits de base. Cette tendance structurelle a aidé les actions canadiennes à surpasser les actions américaines, alors que les perspectives macroéconomiques se sont tournées vers les préoccupations à l’égard de l’inflation et les risques d’approvisionnement. Le rendement au cours du trimestre a été marqué par un brusque écart entre l’or et le pétrole, ce qui témoigne de la confiance changeante des investisseurs. Ces derniers ont vendu de l’or de façon énergique et ont fait des pieds et des mains pour s’approvisionner en dollars américains à mesure que les conditions financières se resserraient. En revanche, les prix du pétrole ont fortement augmenté en raison des perturbations d’approvisionnement au Moyen-Orient, ce qui a fait en sorte que les titres énergétiques sont devenus le secteur le plus performant du trimestre, en hausse de 29 %.
Conclusion : Le premier trimestre a montré à quelle vitesse les chocs géopolitiques peuvent remodeler le rendement des secteurs. Le Canada a surpassé les marchés de croissance américains en raison de son exposition plus élevée aux produits de base, alors que les prix de l’énergie ont augmenté et que les préoccupations à l’égard de l’inflation ont repris. La forte hausse des prix de l’or et du pétrole a mis en évidence la sensibilité du marché aux événements macroéconomiques. La guerre contre l’Iran a forcé les investisseurs à réévaluer à la fois les attentes en matière d’inflation et les attentes quant à la politique de la Réserve fédérale. Pour l’avenir, la stabilité géopolitique, les prix de l’énergie et la politique des banques centrales devraient demeurer des facteurs clés du rendement du marché et du leadership sectoriel.
Copie téléchargeable
| Mark Warywoda, CFA vice-président, Placements publics |
Ian Whiteside, CFA, MBA vice-président adjoint, Placements publics |
Johanna Shaw, CFA directrice, Placements publics |
Jin Li directeur, Placements en actions |
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| Wanyi Chen, CFA, FRM analyste quantitative principale |
Andrew Vermeer, CFA analyste principal, Crédit |
Elizabeth Ayodele analyste, Crédit |
Edward Ng Cheng Hin analyste, Crédit |
Kate (Huyen) Vinh analyste, Actions |
Francie Chen analyste, Taux |
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